Le lycée Jean Macé, sous ce nom, ne date que des années 1960, mais les lieux dans lesquels il se trouve ont une histoire ancienne. Il y eut là, autrefois, et successivement, deux établissements très dissemblables, mais tous deux exemplaires : le collège Saint-Vincent et l’Ecole Primaire Supérieure de jeunes filles.

I.

De 1842 à 1912, à la place du lycée se trouvait l’Institution Saint-Vincent-de-Paul, fondée par Monseigneur Brossays-Saint-Marc (image ci-contre), évêque, puis archevêque de Rennes de 1841 à 1878. C’est pour elle que furent construites les parties essentielles, les plus anciennes, des bâtiments actuels, par l’architecte Charles Langlois. Cette Institution Saint-Vincent fut pendant près de soixante-dix ans le principal collège religieux de la région, plus important que le collège Saint-Martin, et rivalisant avec le lycée de l’avenue de la Gare. Les bâtiments de Saint-Vincent, et les très vastes jardins qui les entouraient, furent confisqués par l’Etat à la suite de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905, et laissés par lui à la ville de Rennes. Le collège Saint-Vincent, abandonnant les lieux, se construisit alors à quelque distance de nouveaux bâtiments (l’actuel lycée privé Saint-Vincent).

II.

Le maire de Rennes Jean Janvier fit faire d’importants travaux, surtout à l’intérieur des locaux existants, qui ne s’achevèrent qu’en 1923, afin d’y établir une grande Ecole Primaire Supérieure et Professionnelle de Jeunes Filles. Elle fonctionna en ces lieux, avec de 300 à 500 élèves, souvent pensionnaires, jusqu’à ce qu’en 1939 ils fussent transformés, pour six ans, en hôpital complémentaire. Elle comportait des sections spéciales de commerce, de comptabilité, de sténodactylo, et l’enseignement général lui-même n’était pas conçu dans le même esprit que dans les lycées.

Jean Janvier

III.

En revanche, l’établissement que les murs de l’actuel lycée ont abrité après 1945 fut constamment un établissement d’enseignement secondaire, sous les noms successifs de collège moderne et technique de filles, puis en 1959 de lycée nationalisé de filles, auquel on donna le nom de Jean Macé, et enfin de lycée d’État mixte actuel. Sous ces trois dénominations, on y préparait au baccalauréat, ainsi que l’on continue naturellement de le faire. Au cours de ces années, le nombre des élèves accueillis s’accrut considérablement. De 800 en 1955, on atteignit progressivement 1700 en 1986. Il fallut convertir tous les dortoirs en classes, abandonner les sections techniques, et procéder à d’importantes constructions neuves, dont deux grands bâtiments, datant de 1957-1961, se voient bien de la rue, prolongeant à l’est et à l’ouest ceux de 1844-1850. Ce fut aussi surtout après 1945 que des constructions nouvelles apparurent à l’emplacement des anciens jardins de Saint-Vincent, que la mairie n’avait pas joints à l’EPS en 1912 : clinique Saint-Vincent (actuellement remplacée par des immeubles d’habitation), cité universitaire, restaurant universitaire, faculté de Droit.

CHRONOLOGIE :

  • 1842 : Monseigneur Brossays-Saint-Marc, évêque de Rennes, achète le domaine de la Barre-Saint-Just, et commence à y faire construire des bâtiments..
  • 1844 : ouverture du pensionnat Saint-Vincent.
  • 1849 : le pensionnat devient établissement de plein exercice, sous le nom d’Institutions Saint-Vincent-de Paul. La construction des bâtiments s’achève probablement l’année suivante.
  • 1882 : ouverture d’une classe préparatoire à l’École de Saint-Cyr.
  • 1905 : loi de Séparation de l’Église et de l’État. Confiscation de Saint-Vincent par l’État. Son exécution est différée jusqu’au 31 août 1912.
  • 1911 : ouverture d’une classe préparatoire à l’Institut National Agronomique.
  • 1912 : la municipalité de Rennes se fait octroyer par l’État les bâtiments de Saint-Vincent et décide d’y créer une École Primaire Supérieure de jeunes filles. Le collège Saint-Vincent quitte les lieux.
  • 1913 : début des travaux décidés par le maire Jean Janvier.
  • 1914-1918 : les bâtiments sont réquisitionnés et servent d’hôpital complémentaire des armées.
  • 1918 : début de fonctionnement de l’EPS de jeunes filles.
  • 1923 : fin des travaux.
  • septembre 1939 : l’EPS de jeunes filles devient à nouveau hôpital complémentaire, et le reste pendant six ans.
  • octobre 1945 : l’EPS de la rue Jean Macé retrouve ses élèves, mais est devenue entre-temps, en 1943, alors qu’elle s’est repliée à la campagne, collège moderne et technique.
  • 1959 : le collège moderne et technique devient lycée nationalisé de filles, sous le nom de Jean Macé.
  • 1970 env. : le lycée devient lycée d’État mixte Jean Macé.

Documents joints

Texte (complet) histoire du Lycée J. Macé

plan de Rennes de 1846 plan de Rennes de 1861 plan de saint vincent en 1912

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